Octobre 2014

Notre position

Toutes les organisations naturalistes qui nous soutiennent, notamment Bruxelles Nature, sont des asbl APOLITIQUES et qui tiennent à toute leur indépendance.


Vous refusez toute construction sur la Plaine.

On nous a souvent reproché de faire du « protectionnisme », de refuser tout développement sur la Plaine. C’est faux. Nous comprenons que la Plaine doit évoluer, que la commune doit évoluer. Mais cette évolution doit se faire d’une manière cohérente avec les besoins des étudiants et des riverains ainsi qu'avec le contexte écologique de la zone.
La première phase du projet Universalis Park consiste en 3 immeubles de 7 étages totalisant 140 appartements, une crèche, deux commerces et un parking. Ces logements ne seront pas accessibles financièrement aux étudiants (ainsi qu’à une grande partie de la population). Nous ne nous opposons pas à tout projet sur le terrain, mais le projet d’Immobel est en totale inadéquation avec les besoins d’un campus universitaire, et vise en premier lieu les parties écologiquement les plus importantes.

 

Vous demandez l’abandon des projets immobiliers sans lien avec les activités de l’université sur la Plaine. C’est aller contre les droits d’Immobel, qui détient le terrain.

Un promoteur immobilier n’a pas un droit absolu de construire ce qu’il veut sur son terrain. Il a le droit de demander des permis pour le faire. Un jardin est une propriété privée mais un particulier ne peut pas construire dessus un immeuble de 30 étages si ça lui chante !
Posséder le terrain est un prérequis, ensuite le promoteur doit demander à la commune un permis d’urbanisme, que celle-ci évalue et est en droit de refuser si elle estime par exemple que le projet ne correspond pas aux besoins collectifs ou communaux. D’autant plus que la zone est classée « zone d’équipements d’intérêt collectif et de service public» au Plan Régional d’Affectation du Sol (PRAS). 2 permis de bâtir sur 3 ayant déjà été délivrés par la commune d’Ixelles, force est de constater que nous n’avons pas les mêmes définitions de ce qui relève de l’intérêt collectif.

 

Construire des logements, ça a pourtant l’air de constituer un intérêt collectif. Le problème de Bruxelles n'est pas tant son manque d'espaces verts que la crise du logement qui s’accroît de plus en plus.

Il est vrai qu’il y a une forte crise du logement à Bruxelles, et même à plus forte raison à Ixelles. Mais cette crise n’est pas du tout une crise de logements haut de gamme. Il y a un bien plus gros défaut de logements accessibles aux étudiants ou aux familles à revenus modérés. L’Échevine à l’Urbanisme et à l’Environnement, Nathalie Gilson, dit elle-même dans un communiqué qu’elle a obtenu que « le promoteur prenne un engagement global: réaliser 10% de logements moyens conventionnés ». Pour l'Echevine, « sachant que la classe moyenne continue à quitter la Région à cause du prix des logements et du manque d'espaces verts, un pas essentiel est ici franchi pour l'y faire revenir ou rester! ». Si ces logements moyens sont si importants, 10% constituent-ils réellement un pas essentiel ?

De plus, les espaces verts de Bruxelles sont loin de constituer les tous derniers endroits où l'on peut urbaniser à Bruxelles, comme on voudrait nous le faire croire. Friches désaffectées et immeubles inoccupés (les bureaux inoccupés à eux seuls constituent plus d'un million de m² à Bruxelles) sont encore nombreux dans la capitale.

 

La biodiversité de la Plaine ne me paraît pas si importante que ça. Il y a quelques arbres et étangs, mais rien de grandiose.

La Plaine n’est ni Madagascar ni la forêt de Soignes, et on ne l’a jamais prétendu. Mais on peut y noter, entre autres, plusieurs arbres remarquables, des orchidées sauvages, des renards, des chauves-souris, etc.

La zone (ou du moins une partie de celle-ci) a été classée au PRD (Plan Régional de Développement) comme zone de haute valeur biologique. Une autre partie a été classée notamment comme zone relais. Le gros de la biodiversité de Bruxelles se trouve en effet dans la forêt de Soignes, mais il est important de garder des espaces verts comme celui-ci, qui forment une série de zones relais qui regroupés forment ce qu’on appelle un maillage vert. Ces relais permettent aux espèces de se déplacer d’un endroit à l’autre.

En tant qu’espace vert conséquent, la Plaine offre également des services écosystémiques. L'abattage de 157 arbres, prévu dans la première phase du projet, aura des conséquences sur la qualité de l'air dans la zone Delta où s'engouffrent les polluants de l'autoroute et du boulevard du Triomphe. Des études scientifiques montrent que les arbres filtrent des polluants et l'air et régulent la température. La « bétonisation » d'une grande superficie aura pour conséquence d'accroître les pics de chaleur dans la zone Delta et d'augmenter le taux de polluants dégradant lourdement la qualité de l'air dans cette zone.

 

Enfin, nous tenons à souligner l’aspect récréatif de la zone. Bien qu’elle n’ait pas ce statut officiellement, la Plaine joue le rôle de parc public. Des riverains viennent y faire la fête, du sport, ou tout simplement promener leur chien dans un cadre vert. Cette composante est également à considérer dans l’analyse du projet.

 

N’est-il pas contradictoire d’insister autant sur la biodiversité à la Plaine si finalement vous êtes d’accord pour qu’on y construise, par exemple, des kots étudiants ou de logements sociaux à la place de logements de luxe ?

 

Notre opposition a toujours porté sur deux volets : le volet écologique et le volet social. Si on nous disait que le projet était déplacé sur le parking (zone écologiquement moins importante) mais que ça continue à être des logements haut de gamme, on continuerait à s’y opposer. Même chose si on construisait des kots étudiants sur le terrain prévu actuellement. Le meilleur des scénarios serait 100% de kots sur le parking. Là, on applaudirait !

 

Vous ne dites rien sur la construction prévue d’un nouveau bâtiment de Sciences Appliquées, qui menace pourtant également la biodiversité de la Plaine.

Plusieurs choses diffèrent. Le projet Universalis Park n’est pas un projet qui va bénéficier à la communauté universitaire. Le nouveau bâtiment de Sciences Appliquées est à destination des étudiants, et on comprend la nécessité de développer ce genre de projet. Le volet social est donc totalement différent.

En ce qui concerne le volet écologique, il est certain que nous n’allons pas applaudir quand les bulldozers arriveront. Mais encore une fois, nous comprenons la nécessité d’un tel bâtiment. Évidemment, ça aurait été mieux si l’ULB avait pu construire sur le parking côté Delta, ou sur la partie Horta, mais le terrain ne leur appartient plus désormais… Ça montre bien d'ailleurs à quel point la vente de la parcelle a amputé les possibilités de développement de l’ULB.

 

L’ULB n’aurait jamais dû vendre ces terrains, pour commencer.

L’ULB a en effet vendu ces terrains sans aucune clause, malgré les oppositions. C’était une erreur. Mais nous ne continuons pas à blâmer l’ULB pour les erreurs du passé. Il n’est d’ailleurs plus aujourd’hui un acteur actif dans le projet d’Immobel. Nos reproches se dirigent aujourd’hui plutôt vers la Commune d’Ixelles, qui a véritablement les clés en main pour s’opposer à ce projet et changer le cours des choses.
Notons également que si l’ULB a vendu ces terrains, c’était pour lutter contre les problèmes de sous-financement.
Il est alarmant de constater que peu de choses ont changé à ce niveau-là depuis 2006.

 

Immobel a organisé deux enquêtes publiques et il n’y a pas eu une énorme mobilisation. C’est signe que les riverains et les étudiants n’ont rien contre le projet.

Nous considérons que la Commune et le promoteur s’en sont tenus à des mesures publicitaires réduites par rapport à l’ampleur du projet. On parle tout de même à terme de 10 à 12 bâtiments sur une zone névralgique d’Ixelles. En fait, on a du faire le gros de la publicité nous-même, avec un comité qui était moins conséquent que ce qu’il est aujourd’hui.
Il est également à noter que les deux commissions de concertation sont tombées, comme par hasard, en période de blocus. Ça n’est pas la période la plus prompte à rassembler les étudiants.

Malgré ces problèmes plus de 100 personnes étaient présentes à chaque commission. Plus de 5000 signatures ont été récoltées en ligne, et 5000€ de fonds ont été levés. La mobilisation, elle est bien là. Et elle sera d’autant plus visible quand les tronçonneuses arriveront.

 

URGENT - 16 octobre 2014 - Interpellation au Conseil Communal d'Ixelles

 

Lors du Conseil du 16 octobre prochain, la Commune doit se prononcer pour donner ou non l'accord pour lancer le début des travaux qui détruiront les espaces verts de la Plaine!

 

Le Comité Sauver la Plaine va interpeller le Conseil ce jour-là. Nous devons nous mobiliser afin de montrer aux décideurs l'importance que constitue la Plaine pour les citoyens.

 

Rendez-vous devant la Maison Communale d'Ixelles (168 Chaussée d'Ixelles) le jeudi 16 octobre à 19h30 pour demander au Conseil Communal de ne pas approuver le projet Universalis Park.

 

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N'hésitez pas à nous contacter (telephone ci-dessous)